Robinets d’eau à sec; panne d’électricité; salaires et pensions impayables; lignes de téléphone et télécopie inaccessibles, etc. Les risques auxquels s’exposent les ménages nigériens le 1er jour du 3ème millénaire, si rien n’est fait de sitôt, sont énormes. Le bug de l’an 2000 risque en effet de paralyser le fonctionnement des ordinateurs de la SNE, de la NIGELEC de l’ONPE, du Ministère des Finances,... et de biens d’autres services publics et privés. La raison? La plupart du matériel informatique de l’administration et des entreprises au Niger est vieillissant et inadapté au problème du passage à l’an 2000.
A quelques 200 jours de la date fatidique, le Niger se prépare activement au bug de l’an 2000 qui risque de paralyser les systèmes informatiques et électroniques non équipés de passage à l’an 2000. Le Comité national an 2000 a dépêché la semaine dernière des missions dans les chefs lieux des régions afin d’inventorier le parc informatique et tester leurs applications. Il ressort des différentes inspections que la plupart des équipements ne sont pas compatibles au passage à l’an 2000 et que les différentes administrations sont à la traîne pour faire face au bug.
"les répercussions peuvent se révéler désastreuses si des mesures urgentes ne sont pas engagées", avertit la délégation générale à l’informatique.
Le cas le plus critique est celui du ministère des finances qui est en charge des régies financières, du paiement des salaires, des pensions et de bien autres dépenses.
Il faut mettre des bouchées "quadruples" au niveau des finances pour mettre les trésoreries nationales à l’abri du dysfonctionnement informatique, selon le président du comité national et délégué général à l’informatique, Massani Koroné. "Nous sommes entrain de chercher les voies et moyens de façon à accélérer le traitement au niveau de cette administration en rapport avec la cellule de crise", a-t-il précisé.
La situation n’est guère reluisante pour certaines entreprises publiques telles que la Sntn, la Cnss, la Nitra, la Sne ou la Poste.
Les centres de chèques postaux qui gèrent le compte de quelque 14.000 fonctionnaires sont équipés des outils qui ne passent pas l’an 2000.
La Sntn qui est "consciente" du problème n’est pas en mesure de renouveler son parc d’ordinateurs pour des problèmes de trésorerie, selon son délégué au comité national.
A contrario, les sociétés minières (Somaïr, Cominak) on mis en place leur comité de coordination de la gestion du bug depuis deux ans.
De même, dans les secteurs de banques et des assurances, de transports aériens, le problème est pris en charge individuellement ou dans le cadre des institutions régionales. Au regard des implications économiques, sociales et financières du passage à l’an 2000, le Niger a créé son comité national depuis le 24 novembre1998. Ce comité qui est chargé de l’élaboration d’un plan national devrait initialement boucler son travail en avril dernier.
Faute de ressources, il n’a pu s’exécuter dans le délai de trois mois initialement retenu. Les travaux du comité connaîtront une nouvelle phase avec la tenue prochaine d’un séminaire dit de lancement à l’attention des responsables administratifs et des directeurs généraux des sociétés et des membres du comité. Le séminaire sera présidé par le premier ministre afin de lui donner tout l’impact attendu c’est-à-dire sensibiliser les décideurs sur la nécessité de parer au plus pressé. Quelque 40 millions de F CFA destinés aux dépenses urgentes ont pu être décaissés récemment sur son budget global qui sera pourvu en grande partie par les partenaires au développement.
La banque mondiale intervient à travers le programme information au service du développement (INFODEV). Le fonds doté de quelque 600.000 dollars est destiné au financement de la planification et l’exécution des plans nationaux d’action pour traiter le bug 2000.
En l’an 2000, la plupart des ordinateurs s’imagineront en 1900 du fait que les horloges électroniques ne prennent en compte que deux chiffres.
Grémah Bouca