Dans le cadre de la politique de vulgarisation de a lecture de textes en langues nationales, le processus est enclenché depuis quelques semaines par certaines institutions nationales et internationales de la place. Soutenue par l’adoption récente de la loi n° 98-12 qui appelle à la généralisation de l’enseignement en langues nationales pendant toute la durée du cycle de base (les 6 premières années du cursus scolaire), cette politique vise à soutenir la création d’un environnement lettré en langues nationales.
C’est ainsi qu’un atelier de lecture en langue haoussa s’est déroulé à Maradi du 25 au 28 mai 1999. Organisé conjointement par le ministère de l’Éducation Nationale (MEN) et la Coopération Allemande GTZ-2 PEB, cet atelier intervenait à la suite de celui tenu à Tillaberi du 13 au 16 mai et qui a vu la participation d’une vingtaine de lecteurs et lectrices en langue zarma.
Cette initiative, la première du genre - il faut le souligner - a pour objectif essentiel d’évaluer les différents types de textes et d’autres matériaux de lecture avec le "groupe cible", tout en essayant de définir les critères d’évaluation pour une production de textes plus attractifs et efficaces. Exemple : contes et légendes, récits humoristiques etc.
A Maradi comme à Tillabéri, il a été question de procéder à l’identification et à la catégorisation des besoins réels de lecture que les lecteurs auront exprimés et qui serviront de repère pour tout travail d’amélioration systématique de production de textes. S’agissant justement de celle-ci, un grand concours littéraire a récemment été lancé par la GTZ-2PEB (coopération allemande) et l’UNICEF. Il s’agit, pour les éventuels candidats, de proposer des manuscrits en langues nationales : Kanuri, Tamajaq, Zarma, Fulfuldé et Hausa. Tous les genres sont autorisés : des contes, des poèmes, des anecdotes, un petit roman, une nouvelle, un récit etc.
De telles initiatives, on s’en doute, sont parties d’un certain nombre de constats peu reluisants : c’est que le Niger est un des rares pays de la sous-région a connaître un très faible taux de scolarisation de 30,35%, d’alphabétisation (17 %) et surtout, le très faible intérêt des nigériens pour les écrits en langues nationales.
Avec l’installation fort récente de maison d’édition spécialisées dans la production en langues nationales (cas des Éditions Alpha) et l’existence des projets, ONG et autres promoteurs s’intéressant à l’éducation bilingue dans le primaire d’une part et d’autre part à l’alphabétisation et à la post-alphabétisation, il est permis de croire en l’avènement d’un environnement lettré en langues nationales et à l’élargissement du champ de la lecture publique au Niger.
Kangaï Seyni Maïga