La transition en cours est une nouvelle chance pour le Niger"
selon Tandja Mamadou, Président du MNSD-Nassara Monsieur le Président, depuis les événements du 9 avril dernier, notre pays semble être à la croisée des chemins. Quelle appréciation en faites-vous? Depuis le 9 Avril 1999 notre pays vit sous un nouveau régime, qui a apporté pour les nigériens de nouvelles perspectives et de grandes espérance, alors même que la communauté internationale, au nom de certains principes, que personnellement je respecte en tant que démocrate, a décidé de mettre le Niger sous embargo. C’est une situation assez paradoxale, dans laquelle les nigériens vivent en porte-à-faux par rapport à leurs amis de l’Étranger. Il est donc vrai que, pour cette raison, notre pays semble encore une fois se trouver à la croisée des chemins. Mais, l’un dans l’autre, c’est au peuple nigérien seul de choisir sa voie et d’accepter d’assumer les conséquences de son choix. Outre la crise politique à laquelle notre pays est confronté, il y a d’autres crises non moins importantes, notamment sur les plans social et financier, auxquelles il urge de trouver une solution durable. Comment votre parti entrevoit-il la sortie de crise ? Le Niger, effectivement vit depuis bientôt dix ans, sous l’empire d’une crise multidimensionnelle, dont les effets se conjuguent pour l’aggraver dans chacun de ses aspects. La sécheresse financière résulte de la crise politique et sociale et celle-ci renforce chaque jour davantage les tensions sur le front social et la crise politique. Aujourd’hui avec le changement intervenue, je crois que toutes les forces en présence doivent s’arrêter et analyser la situation de manière sereine. Car sans une volonté collective de mettre un terme à cette crise par tous les acteurs économiques politiques et sociaux, à travers un dialogue ouvert et sincère, il n’y a pas d’issue heureuse possible à la crise qui frappe notre pays. Le dossier de la rébellion et de l’insécurité dans certaines zones du territoire national demeure toujours d’actualité, cela malgré les différents accords de paix signés. Est-ce à dire qu’il faudra encore attendre longtemps pour la paix ? Il faudra attendre que la démocratie soit une réalité dans notre pays, car c’est à travers celle-ci que les acteurs de la crise sécuritaire trouvent les vrais réponses aux problèmes à résoudre. Une question d’actualité, Monsieur le Président. Quel regard jetez-vous sur la transition en cours dans notre pays, mais surtout quels sont vos espoirs pour les prochaines échéances électorales ? La transition est une nouvelle chance pour le Niger. Une chance de réconcilier les nigériens entre eux, une chance de restaurer la démocratie véritable, une chance de retrouver la mobilité institutionnelle et politique qui a manqué ces derniers années à notre peuple. Une chance enfin de se remettre au travail pour renouer avec la croissance. Il s’agit pour nous tous, de concrétiser ces chances et de réaliser dans la transparence et l’équité les élections législatives et présidentielles. Pour quel type de régime votre parti opte-t-il et pourquoi ? Pour le régime susceptible de renforcer la culture démocratique dans le pays, de préserver les libertés individuelles et collectives, de faire participer à l’effort de redressement national toutes les sensibilités politiques sans discrimination ni exclusion. Je crois que le régime semi-présidentiel clarifié et apaisé est de nature à donner des garanties à cet égard. Quel sera, en cas de victoire de votre formation aux élections, votre programme pour le Niger? En cas de victoire de MNSD-Nassara nous oeuvrerons d’abord à la préservation de l’état d’esprit qui a permis au FRDD et à l’AFDS de rassembler la classe politique dans une lutte commune. C’est de la restauration de la démocratie, mais cette fois-ci dans la convergence des compétences et des talents pour redresser le pays sur les plans économiques et financier. Le MNSD-Nassara n’exclura personne pour des motifs partisans et s’efforcera de créer les conditions les plus favorables afin que l’opposition joue un rôle avec responsabilité tout en participant à la gestion des institutions dans les limites que cette dernière jugera elle-même non compromettante pour son avenir dans sa quête de l’alternance au pouvoir. Pour le reste il s’agira de mettre en œuvre le programme économique et social sur lequel notre parti se sera accordé avec ses alliés. Quelle est votre opinion sur les concepts en vogue de "consensus national" et de "pacte républicain" ? Le consensus national est une inclination naturelle chez les nigériens quand ils doivent prendre une décision et la mettre en œuvre sans grande réticence. A certains égards le consensus est une nécessité et souhaitable quand l’intérêt national est en jeu. Mais dans le choix des personnes et de dirigeants en particulier, la règle démocratique doit être de rigueur . Quant au pacte républicain, c’est un avatar du consensus national. Propos recueillis par Lawan Boucar