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Journal Anfani

Internet Issue June 1999 -
La Sonitel à l’aube du IIIème millénaire

Dans trois (3) à quatre ans (4), le monde sera révolutionné par la génération de l’outil informatique au point où certains pensent déjà que celui qui négligera cet aspect du progrès des télécommunications, fera figure d’un misérable ignorant. L’Union Internationale des Télécommunications (UIT) fête cette année son 134 ème anniversaire, avec pour thème : "Le commerce électronique et l’utilisation du réseau des réseaux (Internet).

Dans un message aux Nigériens , le Ministre de la Communication, de la Jeunesse, des Sports et de la culture, M. Mahamadou Danda, a appelé les Nigériens à être au rendez-vous du IIIème millénaire.

Quelle place occupera alors notre pays dans cette course au futur des télécommunications, et avec quels moyens ?

Les réponses sont venues de l’Administrateur délégué de notre Société nationale des télécommunications, SONITEL qui vient d’être mise sous la responsabilité de M. Almoustapha Boubacar. Cadre compétent et technicien averti, il n’a pas esquivé les questions que le journal ANFANI spécial lui a posées :

Anfani: Monsieur le Directeur Général, l’UIT (l’Union Internationale des Télécommunications) fête cette année son 134è anniversaire , placé sous le signe du progrès technologique et du commerce électronique. Quels sont les grands défis de la Société Nigérienne des Télécommunications(SONITEL) à l’aube du IIIème millénaire?

Almoustapha Boubacar : l’Union internationale des Télécommunications fête effectivement ses 134 ans d’existence. L’UIT est née en 1865 à Paris. Depuis lors, plusieurs thèmes ont été élaborés pour être fêtés à l’occasion de ses anniversaires. L’UIT a donc spécifiquement élaboré un système qui parle de la nouveauté en matière du commerce électronique.

Les grands défis de la Sonitel à l’aube du IIIè millénaire s’articulent autour du développement de son réseau de télécommunications en élaborant des projets avec la firme TELRAT. Ce projet est envisagé parce que c’est notre souci de doter le Niger d’équipements convenables, adéquats, à une qualité de service normale à la clientèle. Nous avons voulu à l’aube du IIIè millénaire passer de l’électromécanique que nous avons aujourd’hui, plus particulièrement de l’analogique, à la numérisation du réseau national et international. Dans le cadre du projet TELRAD, on envisageait dans un premier temps, la pose de la fibre optique de Tillaberi à Zinder.

Ce qui laissait présager que nous aurions en ce moment la dernière technologie de transmission, c’est-à-dire transmettre sans problème, sur toute la largeur de la bande possible pour faire Internet et toute la forme de transmission de données voulue. A la pose cette optique, parce que si on l’avait choisie, entre Tillaberi et Zinder, c’est parce c’est ce tronçon là qui écoule 80 à 85 % du réseau national ; on avait ajouté le remplacement d’un certain nombre de centraux téléphoniques, notamment ceux de Tillaberi, de Filingué, de Dosso, de Zinder, de Diffa, d’Agadez et d’Arlit par des centraux électroniques numériques. Ça c’est la 1ère phase de réalisation du projet dans lequel on avait aussi réfléchi sur le principe de mettre le GSM, à Niamey. C’est la seconde génération de téléphonie cellulaire. Ce GSM allait connaître une extension à l’intérieur du pays dont la 2ème phase comprendra par exemple l’installation du cellulaire de Tillabéri à Zinder, et en mode sans coupure La 3ème phase consistait à installer le cellulaire à Diffa et à Agadez qui sont alimentés par des liaisons satellites. Donc, l’un dans l’autre, après la 1ere et la 2ème phase, on pensait bien que le Niger serait doté de moyens de télécommunication capables de répondre aux exigences de toute la clientèle et sans le moindre défaut.

La 3ème phase aurait vu l’installation d’un centre de transit international pur, parce que présentement ce que l’on fait comme transmissions en international lié à la forme de commutations pourrait s’appeler carrément un centre de communication international, parce que toutes les communications sont "départ" pour aboutir à un pays étranger ou "entrant" pour aboutir uniquement au Niger. Aujourd’hui, dans la configuration actuelle , on ne peut pas prendre une communication (par exemple de Paris) l’amener au Niger et la faire transiter vers le Nigeria. Donc, compte tenu de l’ampleur que le réseau allait prendre on a jugé utile de faire un centre de transit international digne de ce nom, capable, en fonction de l’écoulement du trafic de demain et de l’ouverture de notre capital vers les partenaires extérieurs, peut-être aurions-nous d’autres partenaires qui, de la France, auraient bien voulu nous envoyer du trafic pour que nous le leur écoulions ou vers le Nigeria, ou vers le Bénin, ou vers le Burkina.

Pouvez-vous nous faire un rappel de la situation des télécommunications du Niger de l’indépendance à nos jours ? Quels sont les progrès réalisés ?

A.B : Au lendemain des indépendances, on savait bien que le Niger n’avait qu’un seul central électromécanique qui avait la possibilité de faire de l’automatique en local. C’était l’ancien central A. Et tout le reste du réseau était en batteries locales - qui est un mode d’utilisation du téléphone qui n’est pas sans présenter des avantages, ce qui explique aujourd’hui sa coexistence avec l’automatique, qui n’arrive pas à l’éliminer d’une manière définitive. Mais de l’indépendance à aujourd’hui, le téléphone a commencé à prendre une expansion réelle au Niger à partir de 1974 avec l’installation du central B, équipé à l’époque d’un centre CP4 Cupidon qui avait la possibilité de faire l’inter-automatique au Niger. Donc, les débuts de l’inter-automatique ont réellement commencé à prendre une expansion considérable à partir de1974. L’avènement du président Kountché a marqué la croissance du téléphone au Niger, parce que Seyni Kountché a pu investir quelques 32 milliards CFA dans la télécommunication du Niger en installant la Station terrienne internationale Code A, qui avait au début une capacité d’écouter tout le trafic de l’Afrique de ‘l’Ouest. Avec l’aide des Algériens, nous avons pu installer la station terrienne de Goudel qui a été financée par l’Algérie dans le cadre de la coopération Nigéro-algérienne, puis notre pays s’est doté d’un certain nombre de centraux automatiques qu’on appelle des centres à autonomie d’acheminement où l’abonné peut décrocher et établir une communication automatiquement avec un autre département. Ainsi ont été installés les centraux téléphoniques de Niamey, Dosso, Diffa, Zinder, Maradi , Agadez et Tahoua. Auxquels est venu s’ajouter celui d’Arlit qui, compte tenu du concept économique que généraient la Cominak et la Somair, se justifiait. En ce moment le Niger s’était doté aussi du faisceau hertzien entre Niamey et Zinder qui est l’axe dorsal de notre monde de télécommunications. Sans compter les stations terriennes d’Agadez et Diffa. Après l’élaboration de tous ces projets, vraiment le Niger était arrivé à un stade ou la qualité de transmission était la meilleure de la sous-région, jusqu’en 1987.

Et pourquoi avons-nous fléchi dans la poursuite de ces efforts ?

A.B : Parce qu’en 1987 déjà la conjoncture économique a commencé à souffler sur le Niger. Or, une entreprise de communication ne peut vivre que sur l’économie du pays - c’est-à-dire que l’économie du pays sous-tend l’entreprise, autant celle-ci la sous-tend aussi dans ses modes de réalisation et d’expansion futures- c’est vrai, il y a eu l’avènement de l’électronique, mais le Niger avait toujours essayé de travailler avec les centraux électromécaniques dont, à partir de 1985, les usines ont été démontrées. De 1985 à 87, deux ans se sont écoulés et nous avions encore quelques pièces de rechange, mais au delà, nous n’avions plus de pièces de rechange. Et, comme vous le savez bien, les équipements de télécommunications qui ont été installés en 1982 sont des choses qui ne peuvent se remplacer au gré des circonstances compte tenu de leur coût. Donc, ce qui a fait que nous avons essayé (nous avons de bons techniciens) de maintenir ces centraux dans des conditions de fonctionnement acceptables. Mais compte tenu du poids des trafics qui se sont écoulés, ces centraux ont dépassé les 80 % de vieillissement. Ensuite, il y avait la conférence nationale et son rejet des accords de Bretton Woods. Cela nous a créé pas mal de dommages au niveau d’investissements en télécommunications, parce que tous les investisseurs contactés ont hésité à investir au Niger. Seule la Caisse Centrale de Coopération Economique Française (actuelle Agence de Développement) a pu réaliser deux gros projets : le centre de transit national et international de Niamey et le central téléphonique de Maradi. Cependant, le faisceau hertzien qui est de mode analogique et les centraux électromécanique ayant vieilli et nous n’avons eu de source de financement pour les renouveler, cela nous coûte aujourd’hui très cher en matière de qualité de service.

Quelles sont maintenant les ambitions de la SONITEL pour le Niger?

A.B : Les projets de la Sonitel pour le Niger, nous les élaborons d’abord sur nos propres budget. Cette année, il est prévu dans le budget de la Sonitel, pour le département de Tillabéri, de remplacer la liaison transmission entre Niamey et Filingué et installer une liaison satellite qui nous permettrait de transmettre aussi bien le téléphone, la télévision que la Radio FM. Pour Ouallam : il n’est un secret pour personne que l’arrondissement de Ouallam est l’un des plus difficiles à avoir, vu la dégradation de la qualité de la communication. Notre souci est de remplacer la liaison de transmission par faisceau hertzien par une liaison numérique qui va relier Niamey à Ouallam pour améliorer nos prestations.

Pour Téra : au vu de l’expansion du nombre d’abonnés et des sites aurifères qui s’installent là-bas, générateurs de sources de revenus pour la Sonitel, nous envisageons d’installer un central téléphonique à Téra avec a accès national et international. C’est le même modèle qui a été installé à Gaya.

Département de Dosso , qui n’est pas mal équipé en matière de télécommunications, on a jugé utile de faire une extension de la téléphonie rurale, qui est développée dans la région. Compte tenu d’un nouveau central téléphonique qui va être installé en plus (pour venir au secours de l’ancien qui est saturé) nous pouvons desservir des environnements comme Falwel, Bana, Sia, Tanda, Yélou, Dioundou et les autres gros village du département qui seront desservis par des lignes inter-automatiques qui permettraient à tout un chacun de pouvoir établir et d’échanger des communications aussi nationales qu’internationales.

Département de Tahoua, où il est prévu, après l’installations du central téléphonique de Konni qui est en marche aujourd’hui, une centaine de millions CFA pour l’introduction de la téléphonie rurale, avec extension vers Madaoua, Bouza, Keita, Tchintabaraden etc. Département de Maradi ; on se propose de remplacer au niveau de Dakoro la liaison hertzienne Maradi-Dakoro pour pouvoir renvoyer des lignes automatiquement de Maradi à Dakoro et améliorer la qualité du service.

A Tessaoua, il est prévu normalement dans le budget1999, la réalisation d’un central automatique du même modèle que Téra et Gaya. Tessaoua qui regorge des demandes à six chiffres qui émanent de projets. Nous comptons résoudre tous ces problèmes pour le bonheur de nos clients.

Département de Zinder, on envisage une liaison faisceau hertzien Zinder-Matameye pour améliorer la qualité des services ; faire une liaison hertzienne entre zinder et Magaria plus l’installation d’un petit central téléphonique à Zinder qui peut avoir l’accès au national et international.

Nous remplacerons la liaison faisceau hertzien entre Zinder et Tanout où la liaison des transmissions ne marche pas bien, non pas parce que les techniciens de la Sonitel ne connaissent rien, mais parce que c’est un système dépassé. Nous avons des problèmes pour trouver des pièces de rechange pour les modèles d’équipement en fonction entre Maradi et Dakoro, Zinder et Tahoua, Niamey et Ouallam. Département de Diffa, où on compte faire une liaison hertzienne entre Diffa et Maïné-Soroa. Compte tenu du nombre d’abonnés de Mainé Soroa, on a jugé utile de faire une liaison hertzienne qui nous permettrait d’envoyer pas mal de numéros automatiques à Mainé, pour permettre aux clients de pouvoir établir et échanger des communications très rapidement à partir de ces lignes à six chiffres de Diffa.

Département d’Agadez : A Arlit, le projet n’est pas encore clarifié. Le FED voudrait financer une station terrienne à Arlit, avec liaison directe sur Niamey. Vu la qualité de transmission qui s’établira entre Arlit et Niamey, nous nous proposons, dans une demande complémentaire au FED, de pouvoir changer la nature du central téléphonique d’Arlit et en ce moment, à partir d’Arlit, on pourra établir automatiquement des communications sur Niamey sans le moindre problème. Le centre qui sera installé à Arlit, (on a réfléchi dessus) sera un centre de transit régional aussi, pour que, si le problème d’Agadez persiste (quand bien même il existe des solutions en vue pour Agadez) on puisse faire en 1er choix des communication d’Arlit à Niamey.

Pour la Communauté Urbaine de Niamey, Niamey est suffisamment doté. La capitale dispose d’un centre électronique numérique de dernière génération d’Alcatel. La seule extension possible, c’est d’acheter des cartes téléphoniques d’abonnés pour augmenter le nombre d’usagers. Dans le cadre du Projet FED il y a option pour la fonction CENTREX c’est-à-dire nous allons remplacer le central du 36.00 par un mode de fonctionnement relié au centre de transit international de Niamey. Cette fonction CENTREX vous permet d’appeler directement un abonné relié à l’ancien central téléphonique en faisant le 73.36.00, et en augmentant à la numérotation le poste que vous voulez toucher automatiquement. C’est la facilité que nous aurons prochainement à Niamey, grâce à la Fonction CENTREX.

Le Thème développé cette année par l’UIT à l’occasion de son 134è anniversaire s’intitule : "Le Commerce électronique et l’utilisation du réseau des réseaux". Pouvez-vous nous mettre en relief l’intérêt de ce thème pour le Niger ?

A.B : Le commerce électronique existait déjà, mais sous une forme très réduite, élaborée par des militaires qui disait, en France, qu’on pouvait acheter son billet d’avion à partir de son ordinateur. Mais, aujourd’hui le commerce électronique, vu de la France, n’avait pas l’envergure du réel commerce électronique en expansion aux États Unis, au Japon et qui vient de faire son entrée en Europe, où le commerce électronique rengorge de centaines de milliers de firmes qui s’intéressent à ce créneau.

Vous savez, dans les environs de l’an 2004, rentrera en service l’organisation mondiale du commerce (OMC) dont le Niger est affilié. Elle va entreprendre l’expansion du commerce, sans frontière, au niveau de tous les points du continent. Ceci dit, avant que le commerce ne se répande, qu’il y ait pour ce continent africain, un réseau de transmission capable de répondre à toutes les exigences. Et c’est de là que le développement du commerce électronique a commencé, en trouvant un réseau fondamental à son expansion, qui est INTERNET.

Internet aidant, les possibilités de l’informatique aidant, le commerce électronique sous-tend, avec la qualité de transmission de la télécommunication sur les réseaux mondiaux , de permettre à tout un chacun, de son domicile, de choisir ses articles dans un magasin lointain ; de l’acheter et de payer. sans se déplacer ! Exemple : un commerçant de Maradi peut acheter, s’approvisionner en produits divers, à Hong Kong, au Japon, en Allemagne, à Cotonou ou à New York, sans bouger de son magasin, pourvu qu’il soit doté d’un réseau suffisamment conséquent pour pouvoir établir cette liaison. Le magasin se chargera de lui livrer ses marchandises.

On constate alors que tout l’avenir est dans INTERNET

A.B : Absolument ! Pour Internet, j’ai coutume de dire que l’analphabète de demain c’est celui qui ne sait pas interroger INTERNET ! Parce que vu l’expansion que connaît Internet aujourd’hui dans le monde, je n’ai aucune hésitation à le dire : celui qui, dans 3 à 4 ans ne sait pas le consulter, sera considéré comme un véritable analphabète. Internet a fait son entrée au Niger en 1997. Au début, on a essayé de le faire par le réseau NIGER PAC, (modèle analogique). Ce mode a montré très rapidement ses limites, et nous avons acheté une liaison V7 pour faire Internet par des liaisons numériques.

Aujourd’hui, nous avons un bon millier d’abonnés Internet.

Pour le développer, nous allons très bientôt aller vers la 3ème expansion en apportant sa capacité de transmission à 512 Kbts. A cela, pour populariser largement, nous comptons mettre en service des "Cyber Café", qui n’est autre chose qu’un télécentre où vous pouvez payer votre communication. Le promoteur vous dira de payer, avant de consulter votre "E-Mail", votre courrier électronique. Voilà pour Internet.

Pour ce qui est du téléphone cellulaire, je peux dire que dans toute la sous-région, le Niger est le pays où le cellulaire a connu une expansion à laquelle, nous, Sonitel particulièrement, nous ne nous y attendions pas. Dans le budget 1998, au début du cellulaire, le 23 mars 98, on ne pensait pas, toutes statistiques confondues, qu’on dépasserait les 500 à 800 abonnés. Ce qui nous a poussé à installer uniquement deux cellules à Niamey, capables d’assurer le service à 2 000 abonnés sans problèmes. Mais, à notre grande surprise, à la fin de l’année on avoisinait les 2 000 abonnés cellulaires. C’est pourquoi, actuellement à Niamey, les cellules sont saturées.

Les abonnés se trouvent malheureusement en position de coupure, car le taux d’occupation des cellules est trop chargé. Néanmoins, nous allons améliorer tout cela, grâce à une commande de deux autres cellules qui vont être très bientôt installées grâce à AFRIBA, notre partenaire.

A propos de clients qui refusent de payer des factures de leurs communications internationales cela va faire l’objet de mise en service d’équipements nouveaux, pour palier les défaillances constatées avec le système "Rooming".

Vous venez de prendre en charge la Sonitel qui ne porte pas au mieux de sa forme. Quelles mesures envisagez-vous pour remettre de l’ordre dans la maison ?

A.B : C’est vrai, la Société n’est pas actuellement au mieux de sa forme. C’est connu. Le plus gros problème, à résoudre, de la Sonitel, c’est celui de l’État. l’Etat représente 32 % de notre chiffre d’affaire. L’Etat nous fait entre 320et 360 millions de communications par mois. Quand je vous dis que, depuis une dizaine d’années, l’État nigérien n’a pas payé 1 F de téléphone à la Sonitel, c’est à peine croyable ! Aujourd’hui, nous avons engrangé près de 15 milliards de F CFA de frais de téléphone impayés par l’État, et ses démembrements, dont l’ORTN en est le gros consommateur. Quand une entreprise de communication a 32 % de son chiffre d’affaire impayé, le désagrément est inévitable. L’Etat est aussi un gros consommateur de communications internationales. Or, nous avons obligation vis à vis des pays "arrivée des communications" de payer des décomptes internationaux. L’un dans l’autre, je dirai même que l’État représente 40 % de notre chiffre d’affaire, qui sont pas payés.

La privatisation gênant, l’État aurait pu nous permettre de réaliser des projets ambitieux, comme TELRAD, qui nous aura permis d’être à la pointe de la technologie en Afrique, en passant de notre situation de médiocrité à celle de très grande qualité.

Notre budget amputé de 40 % d’impayés de l’État, ne nous permet pas d’investir pour répondre aux exigences de qualité. Notre avenir est dans les mains de notre prochain partenaire, puisque la Sonitel est sur la liste des sociétés à privatiser.

Un appel à vos clients ?

A.B : Je dirai globalement à tous nos clients, que malgré les difficultés, la vétusté du matériel, les sondages qui nous sont envoyés de France Télécom, qui classe les pays africains par leur procédure de qualité de service, vue de la France, nous place 23ème Afrique et 122è mondial, selon le dernier rapport ; L’occasion m’est donnée de féliciter les agents de maintenance pour leurs efforts et leur ingéniosité à travailler avec ce matériel obsolète. A nos abonnés, je leur dirai de prendre patience, Sonitel a un oeil exercé et une mémoire photographique sur tout ce qui peut se passer sur la qualité des services. Et nous y veillerons.

Entretien conduit par AT

webmaster@ned.org | updated June 1999