«Nous tâcherons de donner au Stade Seyni Kountché toute sa vitalité et une nouvelle impulsion»
Dix ans après sa construction grâce au fruit de la coopération nigéro-chinoise, le complexe sportif «Général Seyni Kountché» est à la croisée des chemins. Que faire pour rentabiliser et pérenniser un tel investissement qui avoisine les 13 milliards CFA ?
Arrivé à la tête du Stade Kountché comme nouveau Directeur Général, M. Adamou Imirane Maïga et ses collaborateurs nourrissent des ambitions légitimes pour faire de ce joyau architectural un cadre privilégié d’épanouissement de ses clients et de la jeunesse nigérienne.
Très réticent à faire parler, car «la situation aujourd’hui exige plus d’actes concrets et moins de discours» (sic) le nouveau Directeur Général du Stade Général Seyni Kounché s’est exprimé pour la première fois sur la tâche qui l’attend.
Anfani : M. Le directeur Général, pouvez-vous nous rappeler la mission assignée au complexe sportif Général Seyni Kountché?
Adamou Imirane Maïga : Le Stade Général Seyni Kountché a pour mission l’accomplissement d’activités générales. Il poursuit une mission de service public, dispose d’un patrimoine qui lui est propre et jouit d’une autonomie financière. Comme stipulent les textes, le SGSK fait de la promotion des activités sportives et culturelles au Niger par l’intensification d’échanges sportifs et culturels entre les jeunes du Niger et du reste du monde.
Le SGSK a aujourd’hui 10 ans d’existence. Pensez-vous que ce complexe a été utilisé au maximum de ses capacités et possibilités ?
AIM : Je dis, en tant qu’observateur ayant suivi quelque peu, la construction et l’évolution de ce complexe, que 10 ans après, honnêtement, c’est notre avis personnel, le Stade Kountché n’a pas vécu. Parce qu’il n’a pas fourni les pleines capacités des moyens qu’il recèle. Il n’a pas vécu parce que, fruit de la coopération sino-nigérienne, ce stade aura dû offrir des opportunités sur le plan de manifestations d’envergure, tant sur le plan national qu’international, et de matière permanente. Certes, des actions intermittentes ont été faites par l’administration précédente, mais nous pouvons relever qu’elles n’ont pas été menées d’une manière efficiente. Nous voyons aujourd’hui que des choses ne répondent pas à l’attente du grand public et des utilisateurs.
Quelle sont alors vos ambitions pour faire de ce complexe un centre d’intérêt pour vos clients?
AIM : Il s’agit pour nous de donner au Stade toute sa vitalité afin qu’il puisse fonctionner dans toute sa plénitude et être vraiment au service de l’intérêt général. Nous ferons en sorte qu’il soit un stade beaucoup plus fréquenté que par le passé, en soignant nos prestations de service, en offrant des spectacles de qualité à tous. Cela se fera bien entendu avec l’appui attendu de tous les partenaires du stade, et non pas à coup de baguette magique. Pour ce faire, nous avons des ambitions, celles de faire face aux défis qui se dressent devant nous. Ces défis sont multiples et multiformes. Il y a l’aspect sécurité des lieux, pour que l’on puisse préserver non seulement le patrimoine, mais aussi l’atmosphère de sérénité qui doit régner partout.
Il faut appuyer sur le bouton «marketing» afin que le stade se «vende» davantage que par le passé. Ceci passera par la mise en oeuvre d’un partenariat entre le stade et ses clients.
Nous tendrons vers une meilleure gestion des lieux prenant en compte toute l’orthodoxie indispensable à la rigueur et à la transparence. Vous savez, à chaque étape de navigation, il y a de nouvelles exigences, notamment celles de former une équipe cohérente.
Il faut se faire violence pour atténuer les énormes charges qui pèsent sur le Stade Seyni Kountché (Électricité, eau, impôts, taxes) et qui font de cette maison un «éléphant blanc» vue de loin, mais très critique à regarder de près. Nous restons optimistes avec les nouvelles autorités de tutelle, dont le dynamisme et la détermination ne font pas défaut, le complexe Général Seyni Kountché aura l’occasion de mieux prospérer.
Nous sommes convaincus également, que le Conseil d’Administration du Stade, qui n’est pas insensible à la situation du Stade, prônera une nouvelle ligne dans l’optique de revigorer nos actions.
Je ne terminerais pas sans rendre un hommage mérité à la coopération sino-nigérienne. Les Chinois ont signé récemment un protocole d’accord pour réfectionner les installations du complexe (confort, éclairage, sécurité etc) pour un montant de près de 5 (cinq) milliards CFA.
C’est dire combien nous fondons des espoirs sur ce complexe sportif. Et nous tâcherons de mériter la confiance qui a été placée en nous.
Propos recueillis par
Abdou Tikiré Tamaské