Depuis que son mandat à la Banque mondiale est arrivé à terme, qu’il ne vit plus que de consultations à gauche et à droite, l’ancien Premier ministre de Baré, Amadou Boubacar Cissé alias ABC, fait un fracassant retour sur la scène politique. C’est ainsi qu’il fait le pied de grue devant le CRN, pour obtenir, ne serait-ce qu’un poste de ministre-conseiller. Notamment grâce à l’entregent d’une grosse ponte qui avait ses entrées au CSN, puis au CRN. Ne voyant rien venir voilà Cissé qui veut se faire calife à la place du calife, en débarquent Hamid Algamid de la présidence du Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP-Jama’a), parti dont il est vice-président pour le compte de Tillabery. Le meeting qu’il a convoqué dans cette région, la semaine dernière, ne participe que de cet effet de panache dont ABC a le secret pour convaincre (se convaincre ?) de son réel poids. Question : Cissé peut-il aujourd’hui reconquérir un fauteuil qui lui a échappé alors qu’il était Premier ministre ?
ABC : QUAND ALGABID SE FACHE...
Malgré les déboires qui parsèment son chemin (alors qu’il était en pleine réunion, la police est venu prendre le véhicule qu’il a «emprunté» à l’Assemblée nationale et qu’il a oublié de restituer), il ne faut pas donner Cissé perdant d’avance. L’homme représente un poids réel, qu’il convient de ne pas minimiser. Même si son rayon d’action reste circonscrit au département de Tillabery. La preuve, une fois de plus, est administrée par cette farouche détermination de ABC d’imposer un congrès à ses camarades, au lieu et au moment voulus. Et une fois élu, faire la ronde des amis chefs d’Etat en vue d’obtenir le financement des prochaines joutes électorales. S’il a (presque) échoué dans ses entreprises, il a, en revanche, provoqué l’ire du président du RDP-Jama’a lors de cette réunion du 30 mai au Palais des congrès. Hamid Algabid n’est pas, en effet, passé par quatre chemins pour rappeler aux uns et autres qu’il n’a pas choisi d’être à la tête du RDP, qu’il a «refusé pendant trois semaines» et que si les autres ont insisté c’est que «tout le monde sait pourquoi». Le fameux congrès du RDP risque de faire des vagues.
LES CONSULS FONT
DE LA RESISTANCE...
Rappelé au pays, le consul du Niger à Djeddah refuse toujours de rentrer au pays. Cette désobéissance ne récèle-t-elle pas un pot pourri à notre consulat en Arabie Saoudite ? Ou a-t-elle une corrélation directe avec cette histoire de vrais faux passeports délivrés par nos services consulaires de Khartoum et de Djeddah, histoire qui fit grand bruit, et dont aucune enquête sérieuse n’est venue confirmer ?
Pour sa part, le consul du Niger à Kano, qui a pratiqué la même politique, est finalement revenu à des meilleurs sentiments en décidant de rentrer au bercail.
ARMÉE : COLONELS S’ABSTENIR
Il ne fait plus bon d’être colonel de l’armée dans le Niger de Wanké. Motif : 24 de ces officiers supérieurs qui, pas plus tard qu’hier, tenaient le haut du pavé dans la capitale, se retrouvent subitement au chômage. L’armée qui a sérieusement pris un coup de jeune avec les évènements du 9 avril dernier cherche les moyens de caser ces hôtes encombrants. Lesquels, pour le moment, se tournent les pouces au niveau de l’état-major des FAN. Aux dernières nouvelles, les colonels Habou Oumarou, Balla Boubacar et Moussa Gros seraient pressentis pour occuper les postes d’attaché militaire respectivement en Egypte, au Maroc et en Chine.
Colonel Abdoulrhamane Seydou : retour à la caserne
Abdoul peut enfin souffler. Sa demande de réintégration dans l’armée vient d’être agrée par l’Etat-major des FAN. Une grosse épine ôtée du pied de ce colonel qui, au lendemain du coup d’Etat de janvier 1996, avait troqué le treillis contre le boubou pour se lancer dans l’arène politique. Tout comme son frère d’armes, le général Ibrahim Baré Maïnassara. Après tout ce qui s’en est ensuivi, celui qui fut le Secrétaire général du Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP-Jama’a) aurait-il trouvé plus sage de prendre ses distances du bourbier politique ? En tout cas, c’est un coup dur pour le principal parti de l’ex-majorité présidentielles