Si Anfani Zinder n’existait pas...
Bien informés, nous sommes des citoyens, mal informés, nous sommes des sujets». Ce n’est pas un hasard si le promoteur de la Radio Anfani a choisi le département de Zinder pour son implantation, après Niamey.
Avec sa population (plus de 1.900.000 habitants), il abrite la première capitale historique, et deuxième ville du Niger. Mais Zinder est surtout réputé être le lieu du militant syndical et politique. C’est ici que les luttes politiques et syndicales sont les plus marquées, et les populations friande d’informations. Les huit mois de gestation de la Radio Anfani sont parus trop longs pour elles avant ce mardi 23 décembre 1997, date de ses toutes premières émissions, véritables «ballons d’oxygène». Cela d’autant plus que l’événement coïncidait avec les différentes formes de lutte engagées pour la défense et la restauration de la démocratie c’était également le moment fort du «one man show’ médiatique de l’ex-mouvance présidentielle et du sevrage cruel de l’opposition au niveau des médias publics. Tout naturellement , la Radio Anfani était à la pensée officielle et unique une alternative heureuse. «C’était le plus gros cadeau que Grémah Boucar nous a offert» disaient-ils.
Voilà qui justifiait leurs contributions massive spontanées et volontaires aux festivités du lancement officiel de la Radio et celle marquant son premier anniversaire le 6 mars dernier. Pour les zindérois, la Radio Anfani n’appartient pas à son promoteur. Elle n’est pas privée, mais publique c’est leur Radio à eux. Par conséquent leur soutien sera constant.
En retour, la Radio-Anfani leur rendra la monnaie. Car 17 mois jour pour jour qu’elle est lancée le bilan accompli est déjà …17 mois d’information, d’éducation, de sensibilisation et de recréation des population du Damergou, jamais au Niger l’implantation d’une Radio n’a suscité autant d’intérêt, d’enthousiasme, de joie et de ferveur. Prendre la parole, répondre, contredire l’autre sont devenues une réalité enrichissant l’espace des libertés éveillant les consciences politiques, créatrices d’emplois, à la contradiction des idées, à «l’éclosion des énergies au défoulement, Anfani Zinder répond à son profit social et politique». Le contact direct et fructueux, le choix libre, l’adhésion certaine, le soutien franc et sincère des populations. Les signes ne sont pas trompés mêmes les partisans de la langue de bois y adhérent souvent discrètement. «Si Anfani Zinder n’existait pas il aurait fallu l’inventer».
En revanche, comme son aînée «Anfani-Niamey», ses services et prestations immenses lui ont attiré d’énormes ennuis et de tracasseries de toutes sortes. Mais elle a su gardé son indépendance, sa liberté et son objectivité gages de sa crédibilité et de sa réussite.
Autant de preuves supplémentaires des aspirations réelles, spontanées et légitimes des nigériens pour les valeurs démocratiques. Une opportunité à encourager et à soutenir en cette ère de privatisation où l’étatisme outrancier a tout simplement fait faillite.
Amadou Mahamado